Réflexions

Créer est ma motivation ; l’homme a l’extraordinaire privilège de pouvoir faire naître une œuvre, de la voir se transformer, susciter des émotions du plus profond de l’être. J’aime rendre le spectateur sensible au processus de création, le surprendre aussi, lui permettre de vivre une expérience plastique qui, au-delà de la raison, lui laisse découvrir une vision, un monde intérieur, celui de l’artiste et le sien, un univers qui approche la perfection, qui lui donne envie de se surpasser, qui lui donne consolation, encouragement, force et qui lui fait apprécier l’Homme qu’il est, avec ses merveilleuses capacités dont le Grand Créateur l’a doté, bref, qui lui fait apprécier la vie tout simplement.

Couleurs, lignes, formes, matière, lumière, en sont les outils … ; et le hasard ? Il sert de tremplin à la création. Chaque étape de création alimente mon inspiration, m’oblige à recouvrir, à oser détruire une partie de ce qui à été construit. Finalement, la peinture devient une transcription de la vie de l’Homme avec ses défis, ses choix, ses émotions, ses réflexions, ses pensées qui le fait tendre vers un idéal, un aboutissement. Sur la toile, des nombreuses couches de peinture forment un relief qui permet à la lumière de s’exprimer. Le mouvement résultant des « jets » de peinture et le rythme qu’ils engendrent, la vibration due à l’interférence des couleurs, des structures et la lumière elle-même rend vivante la toile. L’espace entre le spectateur et la toile disparaît, le spectateur entre dans le tableau. Malgré l’agitation due au mouvement de la peinture, une certaine sérénité se dégage à cause de l’équilibre et d’une « beauté » sans cesse recherchés.

 

Encore quelques réflexions :

 On ne lit pas un livre en cinq minutes ; pourquoi suffirait-il de cinq minutes pour regarder un tableau ! Il faut du temps pour apprivoiser un tableau ; pas cinq minutes, ni une heure, ni un jour, ni un mois, peut-être non plus une année. C’est là toute la valeur d’une œuvre. Il y a toujours quelque chose à découvrir, dans l’œuvre et en soi

 Y a-t-il trop de choses dans mes tableaux ? Pour celui qui n’écoute que des variétés, il y a aussi trop de notes dans le jazz ; pour lui, le jazz, c’est du ‘bruit’ !

 Comme il faut apprendre à écouter, à entendre des nouveaux sons, des harmonies qui nous sont étrangères, il faut aussi apprendre à regarder. Cela peut prendre du temps ; mais quel beau voyage, quelle surprenantes découvertes quand on pénètre véritablement une œuvre !